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23 ans au service du cyclotourisme
Courant 2003, j’avais été sollicité par Samuel Neulet, vice-président de la Fédération Française de Cyclotourisme, pour prendre la présidence départementale qui était vacante depuis quelques mois. Après 23 années à la présidence du Comité départemental du Loiret FFVélo, soit précisément 10 144 jours depuis mon élection à Gien le 25 octobre 2003, mais aussi plus du tiers de ma vie, le moment est venu pour moi de passer la main.
Initialement engagé pour un seul mandat, j’ai finalement poursuivi cette aventure au fil des années, des projets et des rencontres. Alors pourquoi alors ai-je décidé d’arrêter ? Je suis convaincu que c’est le bon moment. J’ai décidé de faire comme ces grands sportifs qui décident de la date de leur arrêt sans attendre que leurs capacités ne leur permettent plus d’être à la hauteur des ambitions des projets à mettre en œuvre.
Je quitte cette fonction riche de mon expérience, de nombreux souvenirs et de réalisations collectives.
Les principales réalisations et les engagements
Au cours de ces 23 années, plusieurs réalisations ont marqué la vie du comité départemental : l’organisation du Congrès fédéral à Orléans en 2008, la Randonnée de la Mémoire du Loiret en 2010 avec 30 jeunes ambassadeurs européens, l’Ascension à Briare en 2016, la Semaine Fédérale Internationale de Cyclotourisme à Orléans en 2025, les actions en faveur des jeunes, ainsi que le développement du tourisme à vélo, notamment au travers de la création de 2 randonnées permanentes.
J’ai également veillé à préserver notre histoire et nos archives, notamment grâce à un important travail de numérisation.
Mes priorités ont toujours été le tourisme, qui constitue notre raison d’être. A ce titre, je me suis attaché à assurer la permanence du cyclotourisme au sein de Tourisme Loiret, avant de céder ma place au printemps dernier.
Mais aussi la sécurité des cyclotouristes et la promotion de la pratique auprès des jeunes et des familles. J’ai aussi souhaité développer la formation des éducateurs, encourager les initiatives locales et faire vivre nos manifestations départementales.
Quelques autres étapes remarquables ont jalonné mes mandats avec la participation à l’encadrement de 6 Semaines Jeunes, de Madine à Bourbon Lancy, activité accidentogène pour les présidents de comité départemental. En effet, outre mon activité de dirigeant, je reste éducateur dans l’âme.
Ces réalisations n’auraient pas été possibles sans l’engagement des membres du comité directeur, des associations loirétaines, des bénévoles et de ma famille. Je tiens notamment à remercier mon épouse Isabelle qui a – entre autres – piloté l’organisation du Congrès fédéral 2008 à Orléans et mon fils qui a géré la commission Jeunes.
Les regrets et les défis qui demeurent
Malgré ces réussites, certains objectifs de réalisation n’ont pas été atteints comme je l’espérais, malgré beaucoup d’efforts déployés : la base VTT de l’Ile Charlemagne à Orléans et la Route Européenne d’Artagnan. Heureusement la base de Briare permet au Loiret de ne pas être vierge de ce type d’équipement dans le Loiret.
Et comment expliquer, alors que nous n’avons jamais autant pris de photos, que le concours photo « souvenir Daniel Henry » ait dû être mis en sommeil ?
Je déplore également que certaines associations participent peu aux rencontres départementales, que la formation d’au moins un éducateur par club ne soit pas devenue une priorité et que trop peu de structures aient désigné un délégué sécurité ou un correspondant mixité. Alors consommateur ou acteur : à vous de faire le bon choix ?
Est-ce que je regrette nos soirées Calendrier d’antan dans la salle surchauffée de Châteauneuf sur Loire, réunions qui tournaient souvent au pugilat ? Peut-être ! A minima je reste convaincu que ces échanges permettaient des échanges en live entre associations et comité directeur, en complément aux journées des présidents et des assemblées générales.
Les collectivités, qui mettent volontiers en avant le bénévolat, doivent aussi mieux reconnaître le rôle des associations dans la préparation et la réalisation de leurs projets. Pourquoi ces collectivités qui n’ont de cesse de mettre en valeur le travail des bénévoles apportent-elles en priorité leurs aides aux associations qui sont dans les faits des entreprises, qui ont des salariés et des compétiteurs ? Pourquoi nous sollicitent-elles très régulièrement pour les aider dans leurs projets autour du vélo avant de nous oublier au moment de leur réalisation ?  Qu’elles n’oublient pas qu’après avoir inauguré en grandes pompes de nouveaux aménagements cyclables, ce dont nous les en remercions, il convient d’en assurer l’entretien sur le long terme.
De même, les clubs doivent davantage s’impliquer dans les actions collectives, notamment auprès des scolaires et du grand public.
Enfin, je souhaite rappeler que le comité départemental ne se résume ni à son président ni à son comité directeur : il appartient à toutes les associations loirétaines. Son avenir dépend de leur engagement, de leur participation et de leur capacité à devenir actrices plutôt que simples consommatrices des actions proposées.
Transmettre et poursuivre le voyage
Après sept mandats, menés parallèlement à une carrière professionnelle exigeante, je peux affirmer qu’un engagement associatif important est compatible avec une activité professionnelle, à condition de pouvoir compter sur une équipe solide et sur le soutien de ses proches. Ne me dites pas qu’être élu départemental, même président, n’est pas possible en étant en activité professionnelle : quand vous m’avez porté à la présidence en 2003, je dirigeais un site de mon entreprise qui hébergeait 650 personnes et durant mes 7 mandats, j’étais cadre dirigeant avec des horaires très larges et des déplacements fréquents.
Je pars serein, convaincu que le moment est venu de transmettre le relais. Je souhaite que les associations continuent à faire vivre le cyclotourisme, à former leurs éducateurs, à renforcer la sécurité et à donner toute leur place aux jeunes et aux familles.
Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont partagé cette aventure avec moi pendant 23 ans. Le voyage collectif s’achève pour moi aujourd’hui à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, mais il se poursuit pour le comité départemental et pour les générations de cyclotouristes à venir.
Mes nouvelles priorités, outre le pilotage du comité régional pendant encore 2 années, s’appellent désormais Jade et Mathis, mes petits-enfants, mais aussi un retour à une réelle activité cyclotouristique avec mon épouse.
N’oublions jamais : qu’importe la destination, pourvu que l’on ait le voyage.
Et, dans le Loiret, à vélo, tout est plus beau !
Texte Benoît Grosjean
Image IA
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